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01 août 2006

Commentaires

Mikaël

Argh, tu as percé mon secret, Madame Bovary...c'est moi !

Non, sans blague, je suis tout à fait d'accord avec toi et si Gustave se retrouvait dans Emma, je suis à mon modeste niveau le protagoniste de mon roman, mais aussi tous les autres personnages, le décors et même les objets. À tel point que le roman ne parle en réalité que d'une seule et unique chose, c'est à dire de son auteur.

Comme il est impossible d'évoquer le monde extérieur autrement que par l'intemédiaire de sa propre expérience, le récit n'est qu'un reflet d'un monde interne qui cherche à se projeter sur divers support. Quand je parle de la mer, je n'évoque pas cette grande étendue d'eau, mais je convoque les souvenirs et les appréhensions liés à cet élément.
Il est donc impossible de parler faux, tout discours me trahit et en dit long sur moi à ceux qui savent me lire. Peut importe que les évènements relatés soient "véritablement" autobiographiques. Par conséquent, la fiction est forcemment intime, forcemment authentique, forcemment réelle...mais seuls les écrivains semblent l'avoir compris...

emmanuelle Pagano

Certaines personnes ont été déçues que je n'ai pas d'enfant handicapé...

En ce moment, je finis un texte dont la narratrice est une transexuelle (Mickaël, je préfère dire "une" quand une fille se débarrasse de son corps de garçon, et "un transexuel" quand c'est un garçon qui se débarrasse de son corps de fille, mais la plupart des media et des "gens" continuent à faire un faux accord de genre, passons, puisque de toute façon Leroy n'était ni une ni un). Donc, je te disais, c'est une suite de circonstances très particulières et très extraordinaires qui m'ont conduite vers ce personnage, mais je m'attends bien sûr à des questions du genre "à quel âge vous êtes vous faite opérer ? ". Et je t'avoue, ça m'énerve et pourtant, tu le sais, tout est "vrai" dans les livres. Par exemple, au niveau des sensations de nos personnages, ce sont souvent les nôtres non ?
Je ne crois pas à l'auto-fiction, on "se" met de façon plus intime dans des romans purement fictionnels car justement on peut dire "c'est une fiction". Les détracteurs de Leroy se trompent : il n'y a pas plus intime qu'une fausse autofiction. Il n'y a pas plus proche d'un auteur qu'un personnage de (même "science")-fiction.

Je n'ai pas d'enfant handicapé mais les gestes/pensées/incohérences de la mère à l'enfant dans mon dernier livre, se sont bien les miens.

Et toi, ne me dis pas que tu n'es pas dans Omicron... ?

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